Samedi 4 juillet 2009



Ordre du jour : Les Régionales, Bilans et Compétences.

 

INTRODUCTION

 

En préambule, je rappelle que la tenue de cette AG avait été votée à notre dernier rendez-vous de section (AG du 10 juin).

Nous y avions en effet appris, stupéfaits, que la stratégie du PCF aux régionales serait entérinée en… octobre 2009.

 

Nombre de militants,  effrayés par ce calendrier tout en précipitation, avaient réclamé une AG pour instaurer le débat.

 

Son organisation n’aura été discutée ni en Comité Exécutif, ni en Bureau de section, ce que des camarades bien informés taxent « d’un amateurisme inacceptable, sinon de mauvaise foi. »

 

L’ordre du jour (les Régionales, Bilans et Compétences, donc) surgit ainsi d’un quasi-néant, et sait décevoir les troupes. On s’attendait davantage à un débat sur la stratégie du Parti aux régionales, ou tout au moins, à glaner quelques informations sur comment serait choisie la stratégie…

 

Le mot « stratégie » recouvrant le choix des alliances pour les élections, ainsi que leur organisation : dès le premier tour ? Au deuxième ? Voire, pas du tout d’alliance ?

 

Mercredi soir, nous nous retrouvons ainsi à 35 communistes, un chiffre non négligeable tenant compte des départs en vacances, et autres acquis sociaux issus de 1936.

 

Débutent, à 19h15, plus de trois heures de débat marathon…

 

LES COMMUNISTES A LA REGION

 

Sont présentes, pour livrer leurs bilans d’élues communistes :

 

Marie-France Vieux-Marcaud (Vaulx-en-Velin), vice-présidente de la région déléguée à la formation initiale et Sabiha Ahmine (Lyon), conseillère régionales.

 

 

Au cours de l’introduction à l’AG, il ressort qu’un groupe de travail, constitué de huit représentants (un par cellule) sera créé, avec pour mission de « surveiller le fait que le débat sur les régionales irrigue bien tous les adhérents ». La définition du programme s’arrête là, et aucun nom ne sera avancé…

 

 

Tour à tour, les conseillères régionales prennent la parole, présentant leurs bilans.

Elles siègent au sein d’une majorité de gauche alliée notamment avec le PS, le PG et les Verts.

 

Marie-France Vieux-Marcaud affirme que la région est un organe institutionnel très important, où l’on peut « réellement faire de la politique,  mettre les mains dans le cambouis, et susciter un impact direct sur la vie quotidienne ».

Entre autres, la multiplicité des compétences permet l’option de véritables choix de société. Par exemple, l’emploi, la qualité de vie lycéenne, le développement durable, les transports TER de la SNCF.

 

 

Sabiha Ahmine se réjouit d’une telle rencontre, où des adhérents lyonnais reçoivent des conseillers régionaux. Cette occasion de dialogue lui semble « bien trop rare ». Personne ne pense à évoquer l’opportunité de rencontre que constituent les AG, régulièrement organisées tout au long de l’année.

Un adhérent, un peu plus tard, pointera ce manque de contact entre élus régionaux et militants, et encore une fois, Sabiha Ahmine partage son regret. Cependant, elle rappelle que ce mandat gestionnaire est le tout premier pour la gauche en Rhône-Alpes. Peut-être fallait-il essuyer les plâtres, ensuite, les relations seront mieux organisées. L’existence de la feuille électronique des élus communistes à la région est, en ce sens, un premier pas.

La préoccupation politique de Sabiha à la région, c’est avant tout la défense des droits en général, et ceux des « minorités » en particulier (femmes, étrangers). Cette notion de droits est, dit-elle, « une véritable clé pour entrer, convaincre, et se faire entendre partout ».

 

Quant aux prochaines élections régionales, les deux conseillères régionales émettent le même souhait : constituer une majorité la plus large possible, et davantage ancrée à gauche.

La formule rappelle – mot pour mot ? – le rapport de Pierre Laurent à ce sujet, et les possibilités qu’elle recouvre ne seront pas traduites en termes concrets, soit, en noms de partis politiques.

 

La parole est donnée à la salle.

 

A titre personnel, j’ai regretté que, une fois leur présentation finie, la parole ait rarement été rendue aux deux élues.

Des adhérents les interrogeaient, ou les interpellaient, mais la parole était ensuite directement donnée à un autre intervenant, ce qui ne leur laissait guère l’occasion de réagir.

 

CARTON ROUGE A SARKOZY ET POINTS DE RUPTURE

 

Dans leur présentation, les conseillères avaient appuyé l’opportunité de « résistance » qu’offre une région postée à gauche. Le village gaulois contre l’envahisseur libéral, en quelque sorte.

Evoquant leur travail avec le Parti Socialiste au sein de la majorité, elles ont admis rencontrer des difficultés, mais retiennent le salvateur « barrage contre la droite ».

Cette notion sera reprise plusieurs fois dans la soirée, par des adhérents peu convaincus.

 

L’alliance improbable de Hénin-Beaumont en est une première illustration. Un parti comme le PCF, qui stigmatise « le vote utile », peut-il cependant cautionner « l’alliance utile » ?

Et jusqu’à quel point faut-il à tout prix « contrer la droite » ? Quelles concessions peut-on accepter, et lesquelles doit-on refuser ?

Où se situe le point de rupture de cette logique ?

La question est posée, plusieurs fois je l’ai dit, mais les réponses sont ou esquivées, ou non sues.

 

Le spectre du Front de Gauche hante le débat. Les adhérents communistes ne sont toujours pas certains de la position de leur parti sur la poursuite – ou pas – de cette dynamique aux régionales.

Quelle que soit l’alliance, la crainte de la dissolution du PCF dans des partenaires plus ou moins sociaux-démocrates, en démobilise plus d’un.

 

Ils sont au moins trois, parmi 35 personnes, à s’être prononcés contre la démarche du Front de Gauche, et pour un PCF révolutionnaire.

 

Nous écoutons des camarades, souvent des élus (à quelque degré que ce soit), déclarer qu’ils n’ont pas comme objectif la fomentation d’une révolution, mais celui de changements sociétaux progressifs en vue de l’abandon du capitalisme.

Position qui, à mes oreilles inexpérimentées, me semble définir exactement la social-démocratie du PS, mais après tout… Ce n’est que mon avis.

Sur la question, on devine les nerfs se tendre, les mâchoires se contracter, les dents se serrer, et l’émotion sourdre…

D’autant plus que l’histoire des alliances du PCF avec des partis « de gauche » ne brille pas par sa gloire. Le Programme commun n’a-t-il pas amorcé le déclin électoral du parti ? Que penser de l’échec patent des collectifs anti-libéraux de 2007 ? Jusqu’à quel point accepter des alliances : en dépit de la perte de toute identité communiste ?

 

Ce dernier thème est cher à des jeunes, et moins jeunes, camarades.

Il suscite aussi l’agacement.

 - Ce n’est que de la théorie, vous avez de beaux discours sur le Grand Soir, mais en attendant, beaucoup d’élus se décarcassent pour changer les choses dans la vie des gens !

 - Et les privatisations du gouvernement Jospin, est-ce que ça a changé la vie des gens en bien ?

 - Vous ne voyez que le verre à moitié vide, et jamais le verre à moitié plein !

 - Oui, mais pourquoi pas des élus qui émaneraient des luttes ?

 

Le profil « houleux » de la toute récente élue européenne Marie-Christine Vergiat (région sud-est) illustre bien ce dernier point.

Un travailleur, syndiqué (ou pas d’ailleurs), avec l’expérience de luttes (syndicales, ou autres), n’aurait-il pas été un candidat plus… « communistement » acceptable ?

La réponse manque.

Mais la question est posée, dorénavant.

 

UN DEBAT PAR CONTUMACE

 

Toute prise de parole est transcendée par la stratégie.

Le débat se construit autour d’une inconnue, d’une absente, qui nourrit autant les doutes que les espoirs.

 

En vain, les adhérents exigent de la clarté à ce sujet.

Le PG, par exemple, a déjà fourni un désir très clair : la poursuite d’un Front de Gauche élargi, dans l’optique de convaincre le récalcitrant NPA, et dans le refus total d’intégrer le Modem.

En quoi le PCF peut-il se permettre de semblables tergiversations ?

Caprice de diva, ou hésitations de responsables dépassés par les évènements ?

Au soir des élections européennes, Marie-George Buffet, sur les plateaux de télévision, donnait pourtant l’impression d’avoir tranché : le Front de Gauche continue.

Un enthousiasme guère partagé par une masse de camarades (souvent avec mandat électif) : leurs réticences ont sûrement ralenti les choses.

 

La soirée est longue, les interventions nombreuses, et, faute de développement durable, des adhérents développent trop durablement... aux yeux de ceux qui n’ont pas encore parlé.

 

L’on s’énerve, à partir de dix heures, de n’avoir toujours pas eu son tour de parole.

La liste est longue.

L’on perd patience.

Ce que l’on manifeste avec plus ou moins de tact, et de respect.

Au moment où je devais prendre la parole, un « ancien » m’interrompt brutalement, considérant son tour prioritaire au mien.

Je sais apprécier l’élégance du geste, sachant que je n’ai pas pris la parole an AG depuis environ… un an ? Voire, jamais (j’ai adhéré il y a un an et demi).

 

LE PROCESSUS DE CHOIX DE LA STRATEGIE

 

Je prends donc la parole pour me renseigner sur la façon dont va être choisie la stratégie aux régionales, inquiétée à ce sujet par la lecture d’un article du Monde.

 

En synthétique, voilà la réponse que me fournissent Sabiha Ahmine et Marie-France Vieux-Marcaud.

 

Fin septembre, le Conseil National fixera sa position en se basant sur les « remontées des fédérations et des sections ».

 

Le choix stratégique sera soumis au vote des adhérents, par voie référendaire OUI / NON, avec un résultat non pas national mais régional.

 

Les incertitudes demeurent.

A quelle date exactement les adhérents voteront-ils ? Et voteront-ils un programme ? Une stratégie ? Des listes ?

 

Je demande ce qui se produira en cas de réponse négative majoritaire, et n’obtiens pas de réponse claire.

 

 

INCIDENT DIPLOMATIQUE « PROPOSITION DES CELLULES »

 

Des camarades ont proposé à l'AG de voter la motion suivante: « L'assemblée générale demande que toute proposition de candidature communiste lyonnaise aux élections régionales de mars 2010 soit proposée par la cellule du candidat. »

 

L'idée était de lier une candidature à des militants et, ce faisant, de contribuer à renforcer le lien entre communistes et élus communistes.

 

Le vote n'a finalement pas eu lieu : un tiers des camarades était déjà parti, une discussion de fond repartait malgré l'heure tardive, la formulation méritait d'être retravaillée, puisqu'elle égratignait les statuts...

 

L'AG a décidé de passer ce vote au début de la prochaine AG (fin août).

 

Affaire à suivre, donc.

 

 

 

Pierre et Sophie

Par Sophie - Publié dans : Vie de la cellule - Communauté : Un PCF de lutte des classes !
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés