Prenez cet avis comme celui de quelqu’un qui, par son vécu, n’a jamais eu à vivre aucune assemblée générale en fac, et ne connait les débats et rencontres publiques que de façon très relative grâce aux amis de la JC, lieu béni de débat où tout le monde peut s’exprimer.
Nouveau dans le système politique, bien qu’ayant des opinions et des valeurs assez fortes depuis longtemps, j’allai aux ateliers du Front de Gauche avec un certain enthousiasme. J’avais de quoi m’inquiéter après deux ou trois AG de section pas très agréables (il fallait voir l’ambiance des discussions : une énième séance de psychanalyse de groupe sur les alliances), où l’on n’avait même pas abordé le principe de « qu'est-ce qu'une région communiste », ou parler du projet.
Mais bon, on nous avait rassurés en AG, on m’avait dit qu’une réunion du 3 ou 4 septembre devait réunir les secrétaires des cellules et des représentants à la région pour en parler, puisque le
point aurait été fait en cellule. Ça tombe bien, aucune réunion de cellule dans le 7ème n’avait été organisée, ou du moins, je n’y avais pas été invité. (NDR : c’est vrai,
aucune réunion de cellule ne s’est tenue depuis la rentrée).
La réunion du 4 septembre avait eu lieu en catimini, sans que je n’aie reçu le moindre compte rendu.
Mais bon… apparemment les projets seront les ateliers thématiques proposés par la camarade BUFFET. Donc tout va bien.
Curieux de voir « le peuple » s’emparer pour faire sien le programme que nous allions élaborer, j’allais fleur au fusil à cette réunion.
Et quelle surprise puisque le casting était de taille, notre amie Marie-George représentait le PCF,Christophe RAMAUX le Parti de Gauche, Christian PICQUET la Gauche Unitaire, et deux économistes étaient présents. Ah oui, j’oubliais la guest star, un gentil vice-président à la région du Parti Socialiste. C’est si beau de voir le Front de Gauche s’élargir jusqu’au centre, que j’en eus la larme à l’œil.
Les thèmes de la soirée étaient la création d’un pôle public bancaire, et la refonte de la protection sociale.
C’est vrai, les interventions des économistes sur l’utilisation de l’argent public furent intéressantes, et j’attendais impatiemment de voir de quelle façon nos « chers leaders » allaient être questionnés par les citoyens.
Mais que je suis naïf ! On dirait un poussin qui sort de l’œuf ! Car, somme toute, sur quatre ou cinq questions qui furent posées lors de ce premier débat, deux vinrent directement d’élus communistes aux régions (gentiment assis en rang d’oignon dans les premiers rangs), qui non seulement ne posaient pas de question, mais récitaient un discours mûrement préparé.
Et tant pis pour les badauds qui, naïvement, levaient le bras pendant de longues minutes.
D’ailleurs, quand ce n’étaient pas les élus PCF qui intervenaient en salle, c’étaient les délégués CGT - notamment au cours du deuxième thème sur les réformes du système de santé.
Quant à ceux qui posèrent des questions, quelle naïveté que d’attendre une réponse de la part des intervenants sur scène. Finalement, chacun parle dans son coin.
Néanmoins, certaines interventions surent enjouer la salle, comme celle du représentant du Parti de Gauche taclant la présence de son ancien camarade socialiste pour la politique libérale menée et assumée par les amis de Madame AUBRY.
Ou encore, l’intervention de cet homme courageux, qui, levant la main pour intervenir sur le premier thème (celui du pôle financier public), put grâce à son insistance interpeller la scène lors du second thème sur cette réunion de partis assez hétéroclites.
Au final les thèmes abordés étaient intéressant, mais quid de la région ?
Peut-être y avait-il dans la salle plus de deux cents personnes, difficile à dire. Mais combien étaient des élus PCF ? Y avait-il vraiment des gens lambdas que cette réunion aurait pu aiguiller dans leur vote ? Cependant, il faut le dire, cette réunion était bien plus intéressante et réussie, malgré ses défauts, que celle du premier meeting des européennes du Front de Gauche à Lyon. Les interventions étaient de qualité et apportaient du dynamisme.
Il va être intéressant de constater comment ce système de participation citoyenne va évoluer, car, ne soyons pas dupes, cette pratique de contrôler un minimum le tour de parole se fait dans toute les réunions publiques de tous les partis politiques. Jusqu’aux hautes sphères du pouvoir, rappelez-vous ces ministres laissant la parole devant les caméras à de braves femmes faisant leurs courses de rentrée dans un supermarché et encartées à l’UMP.
Assurément le Parti Communiste Français est sur la bonne voie et souhaitons lui de réunir toutes ses forces pour se rendre encore un peu plus agréable, abordable.
Mudora
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